Pendant une semaine, j’ai essayé deux téléphones simples et robustes : l’AGM M9 4G et le Maxwest Ranger 4G.
Je n’ai pas complètement abandonné mon téléphone intelligent. Travaillant dans le multimédia et les télécommunications, je devais encore le conserver pour certaines tâches professionnelles. L’expérience consistait plutôt à voir ce qui change lorsque le téléphone redevient principalement un outil pour appeler, envoyer des textos et rester joignable.
Le résultat ressemblait à un retour vers la fin des années 1990 ou le début des années 2000, mais avec un réseau 4G suffisamment moderne pour continuer à fonctionner aujourd’hui.
Et parmi les deux appareils, l’AGM M9 m’a semblé mieux comprendre ce qu’un dumbphone devrait être : un téléphone qui ne cherche pas secrètement à redevenir intelligent.
Deux petits téléphones solides et faciles à prendre en main
La première chose que j’ai remarquée est leur format.
Les deux téléphones sont petits, robustes et agréables à tenir. Après des années de téléphones intelligents toujours plus grands, retrouver un appareil qui tient entièrement dans la main demande presque une période de réadaptation.
Les appels et les textos fonctionnaient correctement, et la connexion 4G était largement suffisante pour mon expérience. Je ne cherchais pas à diffuser des vidéos ou à naviguer sur le Web. Je voulais simplement pouvoir communiquer.
L’AGM M9 possède un clavier physique, une lampe de poche, une radio FM, une alarme, une caméra très simple et les fonctions téléphoniques essentielles.
Le Maxwest Ranger 4G donne une impression plus tout-terrain. Son haut-parleur est puissant, sa batterie tient longtemps (presque 1 semaine) et sa conception semble particulièrement adaptée au camping, au travail extérieur ou aux situations où l’on ne veut pas transporter un appareil fragile et coûteux.

L’AGM M9 est « dumb » de la bonne manière
L’AGM M9 ne se présente pas comme un produit minimaliste haut de gamme ou comme un accessoire de « détox numérique ».
Il est simplement primitif.
Pas de Wi-Fi, pas de navigateur, pas de GPS, pas de boutique d’applications et pas de système permettant de contourner facilement ses limites.
Il permet de téléphoner, d’envoyer des textos, d’écouter la radio FM, d’utiliser une alarme ou une lampe de poche et de prendre quelques photos ou vidéos dans une qualité qui rappelle généreusement l’année 2004.
Et c’est précisément ce qui le rend intéressant.
Beaucoup de téléphones présentés comme des dumbphones sont en réalité de petits appareils Android ralentis, parfois équipés d’un écran tactile, de quelques applications et de suffisamment de fonctions pour recréer les mêmes distractions sous un autre format.
L’AGM M9 ne tente pas ce grand écart. Il fait peu de choses et ne semble pas en avoir honte.
Pas de compte, pas de synchronisation, pas de cérémonie
Un autre aspect particulièrement rafraîchissant de l’AGM M9 est sa simplicité lorsqu’il est connecté à un ordinateur.
Le téléphone apparaît comme un simple espace de stockage contenant quelques dossiers : audio, photos, vidéos, alarmes et autres fichiers.
Il n’est pas nécessaire d’installer un logiciel, de créer un compte, d’activer une synchronisation dans le nuage ou de passer par une application du fabricant.
On peut simplement déplacer des fichiers depuis l’ordinateur, comme on le faisait avec une clé USB ou un lecteur MP3 au milieu des années 2000.
Des sonneries ou des fonds d’écran personnalisés peuvent ainsi être ajoutés en quelques secondes. Cette simplicité paraît presque radicale aujourd’hui, alors qu’un nouveau téléphone intelligent peut demander plusieurs comptes, autorisations, sauvegardes et vérifications avant même d’afficher son écran d’accueil.

Un téléphone trop simple pour l’écosystème moderne du spam
Cette simplicité peut également réduire certaines formes de pollution numérique.
Sur un appareil compatible avec davantage de données, de Wi-Fi ou de contenu multimédia, des messages indésirables peuvent parfois tenter de charger des images, des pièces jointes ou d’autres contenus. On se retrouve alors avec des notifications d’échec, des messages multimédias impossibles à ouvrir ou différents résidus de spam.
L’AGM M9 semble presque trop limité pour participer correctement à cet écosystème.
Il reçoit les appels et les textos, mais ne tente pas constamment de télécharger, d’interpréter ou d’afficher tout le reste.
Le silence numérique n’est pas une fonction affichée sur sa boîte, mais il devient rapidement l’une de ses qualités principales.
Le téléphone n’est plus une identité
L’AGM M9 possède également une batterie amovible (durée de 3 jours), un port USB-C, un emplacement pour carte microSD et une carte SIM que l’on peut facilement déplacer.
Cela change légèrement la manière de percevoir l’appareil.
Sur un téléphone intelligent moderne, l’appareil contient souvent une grande partie de notre identité numérique : comptes, photos, authentification, paiements, applications, historique et services personnels.
Avec un téléphone aussi simple, la logique est presque inversée. La carte SIM représente la ligne, la carte mémoire contient quelques fichiers et le combiné devient surtout une coque fonctionnelle autour de ces éléments.
S’il casse, on peut déplacer la carte SIM et la carte mémoire dans un autre appareil compatible sans reconstruire toute une vie numérique.
Pour environ 50 $, l’appareil devient remplaçable plutôt que précieux.

Le Maxwest Ranger 4G est plus polyvalent, mais moins radical
Le Maxwest Ranger 4G demeure un appareil intéressant, particulièrement pour une utilisation en extérieur.
Son haut-parleur puissant, son autonomie et son boîtier robuste en font un bon téléphone de camping, de chantier ou d’urgence. Il donne davantage l’impression d’un outil tout-terrain capable d’encaisser les chocs.
Mais certaines versions permettent aussi d’utiliser quelques applications ou services supplémentaires.
Cela peut être utile pour certains consommateurs, mais cela l’éloigne légèrement de mon idée du dumbphone idéal.
Je cherchais un téléphone qui ferme complètement la porte aux réseaux sociaux et aux applications. Avec l’AGM M9, lorsqu’un service demande d’« utiliser l’application », la réponse devient très simple :
mon téléphone ne fait pas d’applications.
La conversation s’arrête là.
Le plus difficile est de perdre ses automatismes
Les appels fonctionnaient. Les textos fonctionnaient. La batterie durait longtemps. Les fonctions essentielles étaient présentes.
Le véritable changement se produisait dans mes habitudes.
Au début, on continue de sortir le téléphone dès qu’un moment devient vide. Le cerveau cherche presque automatiquement une plateforme sociale, une vidéo, une actualité ou une notification.
Puis on se rappelle que rien de tout cela n’est disponible.
Les réseaux sociaux ne disparaissent pas entièrement. Ils retournent simplement sur l’ordinateur. Cela crée une frontière beaucoup plus claire entre le moment où l’on décide de se connecter et le reste de la journée.
Le téléphone n’accompagne plus chaque file d’attente, chaque trajet et chaque pause.
Le principal avantage est l’espace mental récupéré
Ce que j’ai le plus apprécié n’était pas seulement l’autonomie ou la robustesse.
C’était de ne plus penser constamment à ce qui pouvait se passer sur le téléphone.
Avec un téléphone intelligent dans la poche, une petite partie de l’attention reste souvent branchée sur lui. Une notification pourrait arriver. Une publication pourrait être consultée. Un fil de nouvelles attend toujours un nouveau mouvement du pouce.
Avec un véritable dumbphone, cette possibilité disparaît presque complètement.
On peut se concentrer sur autre chose ou simplement regarder davantage le monde autour de soi, qui regarde leur écrans lol.
Le téléphone redevient un outil de communication plutôt qu’un endroit dans lequel on passe une partie de la journée.

Ce n’est pas forcément une expérience de « détox numérique »
Il existe une autre perspective.
Certaines personnes ont vécu longtemps sans téléphone mobile ou avec une ligne fixe à la maison. Dans ce contexte, le dumbphone n’est pas une régression. Il représente plutôt la plus petite concession possible à la vie moderne.
On accepte d’être joignable par appel ou par texto, tout en conservant une frontière claire : lorsqu’on n’est pas disponible, on n’est simplement pas disponible.
L’AGM M9 correspond bien à cette philosophie. Il ne cherche pas à devenir un smartphone minimaliste. Il cherche seulement à être un téléphone.
Peut-on réellement économiser avec un dumbphone?
Le premier gain est évident : le téléphone coûte beaucoup moins cher qu’un modèle haut de gamme.
Mais les économies les plus importantes pourraient se trouver ailleurs.
Sans applications commerciales constamment accessibles, il devient plus difficile de multiplier les achats impulsifs depuis son téléphone. Certains abonnements numériques deviennent également moins utiles lorsque les services associés ne sont plus disponibles en permanence dans la poche.
La consommation de données mobiles diminue aussi fortement. Il devient donc possible de choisir un forfait plus léger plutôt que de payer pour des dizaines de gigaoctets rarement utilisés.
Avant d’acheter ce type de téléphone, il faut toutefois vérifier sa compatibilité avec les réseaux canadiens. Un appareil devrait notamment prendre en charge la 4G LTE et la VoLTE.
Notre guide des meilleurs dumbphones au Canada présente plusieurs modèles et les éléments à vérifier avant l’achat.
PlanHub permet également de comparer les téléphones disponibles en version neuve ou usagée, ainsi que les forfaits adaptés à un usage nécessitant très peu de données mobiles.
À qui cette expérience pourrait-elle convenir?
Un dumbphone peut intéresser les personnes qui veulent sortir du cycle de défilement infini et retrouver une meilleure séparation entre Internet et le reste de leur vie.
Il peut également convenir :
- aux jeunes qui doivent pouvoir joindre leurs parents sans avoir immédiatement accès à toutes les plateformes sociales;
- aux personnes qui travaillent à l’extérieur;
- aux campeurs et amateurs de plein air;
- aux consommateurs qui veulent réduire leurs dépenses;
- à ceux qui souhaitent un téléphone secondaire robuste;
- aux personnes qui ne veulent pas créer un compte ou installer une application pour chaque activité quotidienne.
Il ne conviendra toutefois pas à tout le monde.
Les applications bancaires, la navigation GPS, les billets numériques, les paiements mobiles et l’authentification à deux facteurs sont devenus difficiles à éviter.
Dans mon cas, travailler dans le multimédia et les télécommunications rend l’abandon complet du smartphone peu réaliste.
Sans cette contrainte professionnelle, j’envisagerais beaucoup plus sérieusement de conserver uniquement un appareil comme l’AGM M9.

Verdict après une semaine
Le Maxwest Ranger 4G est probablement le meilleur choix pour une personne qui cherche un téléphone robuste et polyvalent pour le plein air ou le travail.
Mais l’AGM M9 est celui que je choisirais pour une véritable expérience de déconnexion.
Il est simple, solide, peu coûteux et suffisamment limité pour ne pas recréer les mêmes distractions sous une autre forme.
Il ne promet pas de transformer votre vie. Et ne mesure pas votre niveau de concentration. Il ne vous félicite pas d’avoir réduit votre temps d’écran.
Il sonne lorsqu’une personne vous appelle. Affiche un texto. Allume une lampe. Puis il retourne dans votre poche.
Après une semaine, j’ai compris que cette limitation pouvait devenir étonnamment agréable.
On pense moins aux réseaux, on utilise moins de données et on relève plus souvent la tête vers ce qui nous entoure.
Parfois, le téléphone le plus intelligent est celui qui accepte de rester stupide.