Une importante expansion Internet arrive en Colombie-Britannique, et elle pourrait changer la vie de milliers de foyers ruraux encore mal desservis.
La Banque de l’infrastructure du Canada, aussi appelée CIB, et TELUS ont conclu une entente pour développer l’accès à Internet par fibre dans plusieurs régions rurales et communautés autochtones de la Colombie-Britannique. Le partenariat global représente un engagement de 379 millions de dollars, dont un prêt de 49,3 millions de dollars accordé à TELUS pour soutenir le déploiement de nouvelles infrastructures.
Selon la CIB, le projet devrait permettre de connecter plus de 17 000 foyers actuellement mal desservis, dont environ 380 foyers autochtones.
Qu’est-ce qui va être construit?
Il ne s’agit pas seulement d’une amélioration de couverture mobile ou d’une solution temporaire sans fil. Le projet prévoit à la fois des infrastructures de transport et des connexions fibre jusqu’au domicile.
Cela signifie que la fibre devrait être amenée directement jusqu’aux maisons, plutôt que de s’arrêter loin des communautés qui en ont le plus besoin.
La fiche du projet indique que le réseau pourra offrir des vitesses allant jusqu’à 1,5 Gbit/s. C’est important, car l’objectif canadien actuel pour l’Internet haute vitesse est beaucoup plus bas, soit 50 Mbit/s en téléchargement et 10 Mbit/s en téléversement. La fibre permet donc non seulement de répondre aux besoins d’aujourd’hui, mais aussi de préparer ceux de demain.
TELUS sera responsable de la construction, de l’installation, de l’exploitation et de l’entretien du nouveau service.

Pourquoi c’est important pour les régions rurales
Pour plusieurs Canadiens vivant en ville, magasiner son forfait Internet revient surtout à chercher une meilleure promotion, plus de vitesse ou un prix mensuel plus bas. En région rurale, la question est parfois beaucoup plus simple : existe-t-il seulement une option Internet fiable à cette adresse?
Cet écart ne touche pas seulement le divertissement ou les appels vidéo. Une connexion fiable peut influencer le télétravail, les petites entreprises, les études en ligne, la télémédecine, les services gouvernementaux, les communications d’urgence et la vie quotidienne des familles.
Le projet s’inscrit dans le programme Connecting Communities BC de la Colombie-Britannique, en partenariat avec le Fonds pour la large bande universelle du gouvernement fédéral. Ces programmes visent à réduire l’écart de connectivité dans les régions où construire un réseau coûte cher et où le modèle d’affaires est souvent moins évident.
Est-ce que cela veut dire Internet moins cher?
Pas automatiquement.
Une nouvelle connexion fibre peut améliorer l’accès et les vitesses disponibles, mais elle ne garantit pas à elle seule une baisse des prix. Les foyers ruraux devront donc continuer à comparer les forfaits dès que le service sera disponible dans leur secteur.
C’est ici que les consommateurs doivent rester vigilants. Une meilleure infrastructure, c’est une première étape. Mais ce sont la concurrence réelle et la transparence des prix qui déterminent si les ménages obtiennent vraiment une meilleure valeur.

La question de la concurrence
Cette annonce soulève aussi une question plus large.
Le financement public peut aider à connecter des régions où les entreprises privées n’auraient peut-être pas construit de réseau par elles-mêmes. Mais lorsque de grands fournisseurs reçoivent un appui pour des projets ruraux, certains petits fournisseurs Internet se demandent si ces fonds auraient pu soutenir davantage des acteurs locaux ou régionaux.
Ce débat est déjà visible dans les discussions en ligne entourant l’annonce. Certains fournisseurs ruraux et résidents craignent que le financement accordé aux grands télécoms renforce la concentration du marché. D’autres rappellent que les projets de fibre en région sont coûteux, complexes et difficiles à livrer sans de grands acteurs d’infrastructure.
Quand les foyers seront-ils connectés?
L’annonce de la CIB confirme l’entente et l’ampleur du projet, mais elle ne fournit pas de calendrier public détaillé adresse par adresse.
Les résidents ne devraient donc pas s’attendre à voir la fibre arriver immédiatement. Des projets de fibre rurale peuvent prendre du temps, car ils impliquent des permis, des poteaux, des droits de passage, de longues distances, des terrains difficiles et beaucoup de coordination.
Les foyers concernés devront surveiller les communications de TELUS, des gouvernements locaux, des gouvernements autochtones, de la province de la Colombie-Britannique ou des programmes fédéraux liés à la large bande.