Des centaines de millions de dollars sont investis dans les réseaux de télécommunications canadiens. De l’Alberta à Terre-Neuve-et-Labrador, plusieurs projets visent à améliorer l’accès à Internet et à la téléphonie mobile. Cependant, les délais de déploiement varient considérablement selon les régions. Voici où en sont les principaux projets annoncés en 2026 et ce qu’ils changent pour les consommateurs.
Ontario : un projet de 300 millions de dollars pour réduire les zones sans couverture mobile
Dans l’Est ontarien, le projet EORN Cell Gap a franchi une étape importante. Le 20 août 2026, l’Eastern Ontario Regional Network et Rogers ont annoncé son achèvement.
Ce partenariat public-privé représente un investissement de 300 millions de dollars. Il vise à améliorer la couverture cellulaire dans les communautés rurales de l’Est ontarien.
Au total, le projet a permis de construire 346 nouveaux sites de télécommunications et de moderniser 311 sites existants.
Les gouvernements fédéral et provincial ont chacun contribué à hauteur de 71 millions de dollars. Les municipalités participantes ont fourni 10 millions supplémentaires. Rogers a également participé au financement et au déploiement du réseau.
Selon EORN, le projet a atteint ses objectifs de couverture. Il devait notamment permettre d’améliorer les communications vocales sur les principales routes et dans les communautés rurales.
Pour les résidents, l’amélioration concerne avant tout la possibilité de passer des appels et d’utiliser des données mobiles dans des secteurs auparavant mal desservis.
Il faut toutefois distinguer la construction des infrastructures de la couverture offerte par chaque fournisseur. Les nouveaux sites ne garantissent pas automatiquement le même service aux abonnés de tous les opérateurs.
Ottawa finance également la fibre pour des communautés ontariennes
Le gouvernement fédéral a annoncé un autre financement de plus de 8,3 millions de dollars en août 2026. Cette somme concerne deux projets pouvant desservir jusqu’à 822 foyers ontariens.
Le principal projet est confié à Broadband North. Il bénéficie de 7,32 millions de dollars pour raccorder jusqu’à 621 foyers de la Première Nation Beausoleil, sur Christian Island.
Le déploiement de la fibre doit être terminé d’ici décembre 2026.
Cependant, les 822 foyers annoncés ne correspondent pas tous à de nouvelles connexions à venir. Le deuxième projet, réalisé par Avetria Networks, concernait 201 foyers. Il était déjà terminé en octobre 2023.
Cette distinction est importante pour évaluer les résultats réels des investissements publics.

Alberta : plus de 373 millions de dollars pour raccorder les communautés rurales
En Alberta, les gouvernements fédéral et provincial ont annoncé près de 225 millions de dollars de financement public en janvier 2026.
Ce programme vise à améliorer l’accès à Internet dans les communautés rurales, éloignées et autochtones.
Selon les données actualisées du gouvernement albertain, le programme comprend désormais 27 projets. Ils doivent desservir 83 643 foyers répartis dans plus de 700 communautés.
En incluant la participation des fournisseurs de services Internet, l’investissement total atteint environ 373,6 millions de dollars.
Les projets combinent la fibre optique et l’Internet sans fil fixe. Ce dernier permet de raccorder des bâtiments à partir d’antennes terrestres plutôt que d’installer la fibre jusqu’à chaque domicile.
Parmi les entreprises participantes, Xplore bénéficie d’importants financements pour étendre ses services sans fil fixes. D’autres fournisseurs régionaux contribuent également au déploiement.
Selon le calendrier provincial, les services doivent devenir disponibles progressivement entre décembre 2026 et mars 2027.
Un financement supplémentaire de 24,8 millions pour l’Alberta
Le 15 septembre 2026, les gouvernements fédéral et provincial ont annoncé deux autres projets. Ils représentent 24,8 millions de dollars de financement public supplémentaire.
Ces investissements visent à raccorder jusqu’à 1 833 foyers dans neuf communautés rurales et éloignées.
Canadian Fiber Optics bénéficie d’environ 3 millions de dollars pour développer la fibre dans cinq communautés. Le projet doit desservir jusqu’à 734 foyers.
De son côté, la Première Nation Bearspaw reçoit environ 21,9 millions de dollars pour un projet combinant fibre et Internet sans fil fixe. Celui-ci doit desservir jusqu’à 1 099 foyers dans quatre communautés.
Les deux projets doivent être terminés en mars 2028.
Ainsi, malgré les investissements annoncés, certains ménages albertains devront encore patienter plusieurs années avant de bénéficier des nouvelles infrastructures.
Terre-Neuve-et-Labrador : les premiers clients profitent d’un projet de 181 millions
À Terre-Neuve-et-Labrador, le déploiement de la fibre franchit une étape concrète.
Le 15 septembre 2026, Xplore a annoncé avoir branché ses premiers abonnés à son nouveau réseau de fibre optique dans la province.
Le projet représente un investissement de 181 millions de dollars. Il comprend 92 millions provenant des gouvernements fédéral et provincial.
À terme, le nouveau réseau doit desservir 27 785 foyers et entreprises, principalement dans les communautés rurales et mal desservies.
Contrairement aux projets qui reposent uniquement sur des annonces de financement, les premiers raccordements sont déjà opérationnels.
Cependant, le déploiement se poursuivra progressivement. Les résidents des autres communautés devront attendre l’arrivée du réseau dans leur secteur.

Rogers et Bell investissent aussi dans la couverture 5G
Les investissements ne concernent pas uniquement l’Internet résidentiel. Les fournisseurs mobiles poursuivent également l’expansion et la modernisation de leurs réseaux.
Rogers étend sa couverture à Matane-sur-Mer
Au Québec, Rogers a annoncé en août l’activation d’une nouvelle tour 5G à Matane-sur-Mer, dans la région du Bas-Saint-Laurent.
Cette infrastructure améliore la couverture mobile dans l’ouest de Matane. Elle dessert notamment le port et le parc industriel de Matane.
Par conséquent, les entreprises locales, les travailleurs et les résidents peuvent bénéficier d’une meilleure connectivité dans ce secteur.
Le fournisseur n’a toutefois pas publié de données détaillées sur les débits attendus ou les limites précises de la nouvelle couverture.
Bell augmente la capacité de son réseau à Toronto
À Toronto, Bell a activé un nouveau site sans fil dans le quartier Roncesvalles Village en septembre 2026.
L’objectif est d’augmenter la capacité du réseau et de réduire la congestion pendant les périodes de forte utilisation.
Depuis le début de son programme d’expansion en 2024, Bell avait construit 167 nouveaux sites et modernisé 349 infrastructures existantes à travers le Canada, selon son bilan de mai 2026.
Ces investissements répondent à deux besoins différents. En région rurale, les nouvelles tours peuvent améliorer la couverture. Dans les secteurs urbains, elles permettent surtout de mieux répartir le trafic entre les installations existantes.
Pour les abonnés, cela peut se traduire par une connexion plus stable lors des appels vidéo, de la diffusion en continu et des autres activités utilisant les données mobiles.
Québecor poursuit son expansion mobile avec Freedom, Vidéotron et Fizz
De son côté, Québecor continue d’élargir sa présence sur le marché canadien des télécommunications.
Au deuxième trimestre de 2026, l’entreprise a enregistré une augmentation nette de 53 200 lignes mobiles. Cette croissance porte sa clientèle à environ 4,48 millions de connexions.
Sur douze mois, Québecor a ajouté 269 700 lignes mobiles, soit une progression de 6,4 %.
L’entreprise poursuit notamment l’expansion de Freedom Mobile dans l’Ouest canadien. Parallèlement, Fizz développe sa présence à l’échelle nationale, tandis que Vidéotron continue d’améliorer ses services au Québec et en Ontario.
Contrairement aux projets de construction présentés précédemment, ces chiffres mesurent la croissance commerciale de Québecor. Ils ne représentent donc pas un montant d’investissement dans de nouvelles infrastructures.
Néanmoins, cette expansion s’accompagne d’efforts visant à améliorer les réseaux et les services offerts aux abonnés.

Satellites et intelligence artificielle : une autre solution pour les régions éloignées
La construction de tours cellulaires et le déploiement de la fibre ne constituent pas les seules solutions pour améliorer la connectivité au Canada.
En septembre 2026, les entreprises canadiennes Terrestar Solutions et M2M Tech ont annoncé un partenariat technologique.
Leur objectif est de combiner les réseaux cellulaires, les communications par satellite et l’intelligence artificielle en périphérie.
Cette technologie permet aux appareils connectés de passer d’un réseau cellulaire à une connexion satellite lorsque la couverture terrestre devient insuffisante.
De plus, les données peuvent être analysées directement sur le terrain. Seules les informations nécessaires doivent alors être transmises à distance.
Un projet pilote est déjà en cours chez Twinberry Farms, en Colombie-Britannique. Il permet notamment d’analyser des données liées à la culture et à la récolte des bleuets.
Cette approche pourrait également servir dans les secteurs minier, forestier, agricole et énergétique.
Il s’agit toutefois d’une solution destinée principalement aux équipements connectés et aux applications industrielles. Elle ne signifie pas que tous les téléphones intelligents disposent désormais d’une couverture satellite permanente.
Quand les Canadiens profiteront-ils réellement de ces investissements?
Les différents projets montrent que le Canada améliore progressivement ses infrastructures de télécommunications. Toutefois, les échéanciers varient selon les régions et les technologies utilisées.
Dans l’Est ontarien, le projet EORN est officiellement achevé. À Terre-Neuve-et-Labrador, les premiers clients profitent déjà du nouveau réseau de fibre optique.
En Alberta, plusieurs projets doivent devenir opérationnels entre la fin de 2026 et 2028. D’autres investissements continuent également d’être annoncés dans les communautés rurales et éloignées.
Pour les consommateurs, l’enjeu dépasse toutefois le montant des investissements. La disponibilité réelle du service, sa fiabilité et son prix demeurent essentiels.
Une nouvelle tour cellulaire ou un réseau de fibre à proximité ne garantit pas nécessairement qu’un fournisseur pourra desservir immédiatement chaque adresse.
Les investissements se multiplient, mais leurs retombées dépendront surtout de la mise en service des infrastructures. Le véritable progrès se mesurera par l’accès à une connexion fiable, rapide et abordable, peu importe leur lieu de résidence.