Samsung nous a confié son nouveau Galaxy Z Fold8 Ultra quelques jours avant sa sortie officielle au Canada. Après un premier week-end consacré notamment aux photos et aux vidéos, une chose est déjà claire. Ce téléphone pliable ne mise pas uniquement sur son grand écran. Sa légèreté, ses possibilités de captation et sa rapidité transforment réellement la manière de l’utiliser.
Il est encore trop tôt pour livrer un test définitif. Nous devons notamment approfondir l’autonomie, les fonctions de productivité et l’expérience à long terme. Voici néanmoins ce qui nous a le plus marqués après trois jours.

L’impression d’avoir trois écrans dans un seul téléphone
D’abord, la première surprise est son poids. Comparé au Google Pixel 9 Pro que j’utilise quotidiennement, le Fold8 Ultra paraît étonnamment léger, surtout lorsqu’on considère la taille de son écran intérieur.
Officiellement, il possède un écran extérieur et un grand écran intérieur pliable. En pratique, on a presque l’impression de disposer de trois espaces différents. L’écran extérieur permet d’effectuer rapidement une recherche, de consulter un message ou d’utiliser le téléphone plus discrètement dans un lieu public.
Ensuite, lorsqu’on a besoin de davantage d’espace, il suffit de l’ouvrir. Les sites Web profitent alors d’une surface beaucoup plus grande, avec davantage de menus visibles et une navigation qui se rapproche de celle d’une petite tablette. On passe naturellement d’un usage rapide à une expérience beaucoup plus complète.
La pliure demeure visible lorsqu’on regarde l’écran de côté. En revanche, lorsqu’on se place normalement devant le téléphone, elle disparaît entièrement.

Un écran intérieur spectaculaire
La qualité de l’écran intérieur constitue probablement l’un des éléments les plus impressionnants du Fold8 Ultra. Les couleurs, la netteté et la taille de l’image rendent la consultation de photos et de vidéos particulièrement agréable.
Prendre une photo, puis l’observer immédiatement sur ce grand écran, permet également de mieux juger la mise au point, les détails et la composition. L’écran ne sert donc pas uniquement à consommer du contenu : il devient une partie importante du processus de création.
Les performances suivent la même logique. Les applications s’ouvrent presque instantanément et les transitions sont extrêmement rapides. On touche une commande et le résultat apparaît immédiatement, au point de donner l’impression que le téléphone avait anticipé l’action. Cette fluidité se remarque autant dans la navigation quotidienne que dans les jeux et la lecture vidéo.
Les haut-parleurs sont toutefois un peu moins impressionnants. Ils sont parfaitement acceptables pour regarder rapidement une vidéo, mais ils ne se trouvent pas tout à fait au même niveau que l’écran. Pour profiter pleinement d’un film ou d’une production musicale, des écouteurs demeurent préférables.
Une véritable machine de captation
C’est probablement dans le domaine de la photo et de la vidéo que le Fold8 Ultra révèle le mieux son potentiel. Nous avons notamment filmé des colibris au ralenti ainsi que des trains et des métros en mouvement. La précision des images et la qualité du ralenti sont remarquables.
Le zoom disponible pendant l’enregistrement vidéo est également très impressionnant. Il permet de modifier le cadrage rapidement tout en conservant une image détaillée. Le téléphone peut enregistrer jusqu’en 8K et propose plusieurs modes destinés aux utilisateurs plus avancés : photo Pro, vidéo Pro, RAW, ralenti, hyperlapse, panorama, Food et portrait vidéo.
Les réglages Pro permettent notamment de contrôler la vitesse d’obturation, tandis que les modes Portrait identifient automatiquement le sujet et appliquent un flou autour de celui-ci. Le résultat est accessible sans empêcher les utilisateurs expérimentés d’intervenir manuellement.
Pour mettre cette impression à l’épreuve, nous avons fait essayer le téléphone à un réalisateur de documentaires. Pour reprendre l’expression québécoise utilisée sur le moment, il « capotait » devant la qualité des images et les possibilités offertes.
Le Fold8 Ultra ne s’adresse donc pas uniquement aux influenceurs ou aux créateurs de vidéos sociales. Les personnes qui réalisent de petits documentaires, des captations animalières ou des productions indépendantes pourraient réellement trouver un intérêt à son système photo. Nos galeries complètes seront publiées prochainement sur Reddit afin de permettre d’observer les résultats en meilleure définition.

Passer d’un Pixel au Fold8 Ultra en moins d’une heure
La migration depuis un Google Pixel s’est révélée étonnamment simple. Les applications, les contacts, l’historique des messages texte et une grande partie des données ont été transférés rapidement.
En moins d’une heure, le Fold8 Ultra ressemblait déjà à une version améliorée du téléphone précédent. Les similitudes entre les deux environnements Android facilitent évidemment la transition, mais le processus demeure remarquablement fluide.
Il faut encore se reconnecter manuellement à certaines applications. Une fois le compte Google configuré, ces connexions se font généralement en quelques clics. Il suffit ensuite d’insérer la carte SIM pour reprendre une utilisation presque normale du téléphone.
Le mode plié ne sert pas uniquement à fermer le téléphone
Certaines applications adaptent leur interface lorsque le Fold8 Ultra est ouvert à moitié. Le téléphone peut alors être posé sur une table sans support supplémentaire, avec une fonction différente sur chacune des deux parties de l’écran.
Samsung Health offre un bon exemple. Pendant certains cours d’exercice, la vidéo montrant les mouvements apparaît sur la partie supérieure, tandis que les commandes et les données d’entraînement demeurent accessibles sur la partie inférieure.
Toutes les applications ne profitent pas nécessairement de ce format de la même manière, et nous devons encore en essayer plusieurs. Mais cette possibilité laisse entrevoir des usages intéressants pour les appels vidéo, la captation, l’entraînement et certaines tâches de productivité.

Une première autonomie encourageante
Nos observations sur l’autonomie demeurent provisoires. Après une recharge complète et avec une utilisation modérée combinant l’écran extérieur et l’écran intérieur, le Fold8 Ultra peut toutefois approcher les deux jours.
L’utilisation intensive du grand écran, de la caméra ou des fonctions vidéo risque évidemment de réduire ce résultat. Des essais plus structurés seront nécessaires avant de tirer une conclusion définitive.
La Galaxy Watch9 qui accompagne le téléphone demande davantage d’attention. Lorsque le suivi continu de la fréquence cardiaque et les autres fonctions de santé sont activés, son autonomie se situe plutôt autour d’une journée à une journée et demie.
En revanche, la détection des activités est particulièrement réactive. Pendant une sortie en kayak, la montre a rapidement reconnu le mouvement de rame. Elle a ensuite détecté automatiquement une séance de natation. Les données sont transférées dans Samsung Health pour permettre de suivre les activités, les pas et les exercices depuis le téléphone.
La Watch9 permet également de déclencher à distance l’appareil photo du Fold8 Ultra. Elle ne réinvente pas complètement la montre intelligente, mais ses fonctions paraissent plus rapides, plus précises et naturellement intégrées à l’écosystème Samsung.

Un premier contact très prometteur
Après trois jours, la captation photo et vidéo, la qualité de l’écran intérieur et la légèreté du Fold8 Ultra ressortent clairement. Il ne s’agit pas simplement d’un téléphone spectaculaire à ouvrir devant les autres : son format commence déjà à modifier certaines habitudes quotidiennes.
Il reste maintenant à déterminer jusqu’où il peut remplacer un ordinateur pour la rédaction, le montage, le multitâche et le travail mobile. Notre test complet sera ajouté prochainement avec une vidéo YouTube, des mesures d’autonomie plus précises et des liens vers nos galeries photo en meilleure définition.
