Pendant longtemps, changer de forfait Internet ou téléphone au Canada ressemblait à une petite épreuve administrative. Il fallait appeler, attendre, négocier, contourner les frais, comprendre les promotions. Puis espérer que la nouvelle offre soit réellement meilleure que l’ancienne.
Mais les dernières décisions du CRTC montrent un virage clair : le marché canadien des télécoms entre dans une nouvelle phase. Une phase où les consommateurs doivent pouvoir comparer, changer, annuler ou modifier leur forfait plus facilement. Pas seulement en théorie, mais dans la vraie vie.
Depuis mars et avril 2026, le CRTC a annoncé une série de mesures qui touchent directement les frais de changement, les alertes avant la fin des promotions, les frais d’itinérance, les options libre-service et même l’accès des concurrents aux réseaux de fibre optique. Pris séparément, chaque changement peut sembler technique. Ensemble, ils dessinent une nouvelle logique. Si les offres deviennent plus faciles à voir et plus faciles à quitter, la comparaison devient le moteur naturel du marché.
La fin des frais qui freinaient le changement
Premier grand changement : le CRTC interdit certains frais liés à l’activation, à la modification ou à l’annulation de forfaits Internet et mobile. À partir du 12 juin 2026, les fournisseurs ne pourront plus imposer des frais qui ont pour effet de décourager les clients de modifier leur forfait ou de quitter un service, sauf exceptions raisonnables comme une installation physique ou un produit optionnel choisi par le client.
C’est une mesure importante, parce que ces frais avaient un effet psychologique énorme. Même quand un meilleur forfait existait ailleurs, un frais de 50 $, 60 $ ou 80 $ pouvait suffire à retarder une décision. Le consommateur finissait par rester, non pas parce que son forfait était excellent, mais parce que sortir coûtait trop cher.
Le CRTC ne dit pas simplement “les frais sont mauvais”. Il dit plutôt : un marché concurrentiel ne fonctionne pas si quitter une mauvaise offre devient une punition.

Les promotions ne pourront plus disparaître en silence
Deuxième changement : les fournisseurs devront mieux prévenir les clients avant la fin d’un contrat, d’un rabais ou d’une promotion. Le CRTC exige notamment que les clients soient avisés 90 jours avant la fin de certains contrats ou rabais à durée limitée. Ces notifications devront aussi inclure des informations utiles. Comme un lien vers les forfaits disponibles et des indications sur les options de changement.
C’est un détail qui change beaucoup de choses. Plusieurs consommateurs découvrent encore trop tard qu’un rabais de 12 ou 24 mois est terminé. Résultat : la facture augmente, parfois sans que le client ait eu le temps de comparer.
Avec ces nouvelles règles, la fin d’une promotion devient un moment de décision. Le client peut garder son forfait, négocier, changer de plan ou comparer le marché avant que la hausse arrive. Le CRTC transforme donc une mauvaise surprise en rappel utile.
Même logique pour l’itinérance : les fournisseurs devront avertir les clients lorsque l’utilisation de données en itinérance atteint 50 $, soit la moitié du plafond existant de 100 $. L’objectif est simple : éviter le fameux “bill shock”, cette facture qui arrive comme un météore dans la boîte courriel.
Le vrai changement : le bouton de sortie
Le changement le plus intéressant est peut-être le moins spectaculaire au premier regard. À partir du 26 avril 2027, les fournisseurs devront permettre aux clients de modifier ou d’annuler leur forfait Internet ou mobile par un mécanisme libre-service, par exemple via une application, un site web ou un courriel. Une confirmation écrite devra aussi être envoyée après l’action du client.
C’est là que le marché change réellement.
Comparer des forfaits est utile. Mais si annuler demande ensuite un appel, une attente, un transfert au service de rétention et une négociation inconfortable, le pouvoir du consommateur reste limité. Le libre-service enlève une couche de friction. Il rend le changement moins dramatique, moins fatigant, plus normal.
En d’autres mots, le CRTC ne crée pas seulement un droit. Il cherche à rendre ce droit utilisable.
Les prix baissent, mais les besoins changent aussi
Le marché canadien des télécoms est déjà en mouvement. Selon le rapport 2026 du CRTC, depuis le début de 2021, l’indice des prix Internet a diminué de 6 %. Tandis que l’indice des services mobiles a reculé de près de 40 %, même si l’inflation générale a augmenté de 19 % sur la même période.
Mais il y a un piège : même si les prix unitaires baissent, les consommateurs choisissent aussi des forfaits plus rapides, plus gros, plus riches en données. Beaucoup de Canadiens paient donc encore trop cher, non pas parce qu’il n’existe pas de meilleures offres, mais parce que leur forfait ne correspond plus à leur usage réel.
C’est exactement là que la comparaison devient essentielle.
Pourquoi vérifier sa consommation devient un réflexe intelligent
Le bon forfait n’est pas toujours celui avec le plus de données. C’est celui qui correspond à votre usage réel, à votre province, à votre budget, à votre appareil et à votre façon de consommer Internet.
C’est aussi pourquoi la nouvelle application PlanHub arrive au bon moment. Avec la permission de l’utilisateur, l’application peut analyser la consommation de données des 30 derniers jours. Comparer des milliers de forfaits au Canada et aider à trouver des options plus adaptées à l’usage réel, au lieu de deviner si 10 Go, 50 Go ou 100 Go sont nécessaires.

Dans un marché où les frais de changement diminuent, où les promotions devront être mieux signalées, où l’annulation deviendra plus simple, le consommateur a plus de raisons que jamais de vérifier ses options.
Le message est simple : il ne faut plus attendre d’être frustré pour comparer. Il faut comparer régulièrement, comme on vérifie son relevé bancaire ou sa consommation d’énergie.
Le CRTC reprend le volant, mais le consommateur garde la route devant lui. Et dans ce nouveau paysage, comparer n’est plus seulement une astuce pour économiser. C’est en train de devenir la nouvelle norme.